Je viens de voir Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Il est fort heureusement encore à l'affiche à Bruxelles.
Ce film est un dessin animé? Oui. Non, c'est un film énorme.
Avant le début de la séance, un panneau nous rappelle que sur cette Terre la liberté d'opinion n'est pas garantie - sinon dangeureuse - dans un pays sur trois. Car c'est difficile pour nous de bien s'imaginer qu'on puisse véritablement perdre la vie pour avoir soutenu une simple opinion contraire. Les pouvoirs totalitaires ont-ils si peur de tout!
Il m'a semblé que ce film d'animation portait en lui à peu près toutes les qualités humaines dont on a besoin pour vivre une vie digne de ce nom. Avec humour, très direct, avec une part de légèreté (de celles que certains qualifie d'"insupportable légèreté"), de gravité aussi, ... un mélange difficile à cerner en quelques mots. Il semble s'exprimer au-delà des modes, des idéologies, par la voix d'une fille née à Téhéran et qui, en grandissant, est témoin d'un condensé de ce que les sociétés peuvent produire de contradictions et d'absurdités... Ici, l'Iran qui passe du pouvoir des Shas à celui des Gardiens de la Révolution. D'un cynisme au suivant. Avec dans l'entre deux un guerre (Iran/Irak) qui fera un million de morts et dont "plus personne ne saurait dire pourquoi aujourd'hui".
Seul petit bémol : un raccourci (forcément un peu court) des travers de l'Europe par ce qu'elle (Marjane) en rencontre lors de son premier exil en Autriche (*). Mais j'imagine que celà sert le propos : "ne placez pas si vite tout les Iraniens - ou n'importe quel ressortissant d'un pays aux mains d'un pouvoir totalitaire - dans le même panier!"
Allez y vite, nourrissez vous de ce regard entre les extrêmes et parlez en autour de vous ... Et si vraiment "un dessin animé" ne vous tente pas, rabattez vous sur le très bon Double Nelson - objet d'une prochaine critiques en ces pages... peut-être!
(*) Et pourtant, on peut lui en trouver des défauts et des contradictions à cette chère Europe de plus en plus "fanatico-commerçante" où la fonte programmée de la banquise réjouit nos marchands de pétrole : d'ici 30 ans on pourra aller forer des puits sans difficulté grace au réchauffement climatique... Plus de banquise dans le chemin, plus d'ours polaires, de phoques, ...plus rien que de l'argent à respirer. Une autre forme ("lente") d'attentat suicide, non?
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par Ivan Georgiev
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Le 29 septembre au Café Central - 20h
Je remonte sur scène au sein de
Panopticon
collectif d'improvisation conduit par Domenico Solazzo
Café Central : 14, Borgval - 1000 Bruxelles, à deux pas des Halles St Géry.
par Ivan Georgiev
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