Jeudi 6 décembre 2007
Une fois n'est pas coutume, voici quelques réflexions et humeurs - sorte de débat de société - qui n'ont rien à voir avec la musique.

Si vous avez lu le dernier hors série de Science & Vie (n°240), vous n'êtes plus sans savoir que le réchauffement climatique, induit principalement par les émitions de CO2 d'origine humaine, est une réalité enfin admise par l'ensemble de la communauté scientifique. Aujourd'hui, même les Etats-Unis ne remettent plus en doute cette responsabilité humaine à l'origina du réchauffement. 
Le seul doute qui subsiste concerne l'ampleur de la catastrophe : située entre "presque imperceptible" (entre 1 et 2 degrés celsius de réchauffement d'ici à 2100) et carrément "irréversible" pour la survie de la planète (au-delà de 6 ou 7°). 

La complexité des modèles explique donc cette immense incertitude.  Mais plus personne n'oserait l'invoquer pour refuser d'agir.  Bien au contraire.

Hors pour faire face à un tel défis ne faut-il pas comprendre dans quel état d'esprit l'aborder? 

En quoi l'état d'esprit a t'il de l'importance en la matière? 
Plus nous resterons prisoniers de nos contradictions internes, plus les doutes freineront nos efforts et plus notre énergie se dispersera en décisions... contradictoires.  Pourtant la survie de notre planète ne peut plus s'accomoder d'un statut quo en matière d'habitudes de consommation.  En doutez vous?

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Quel est donc cet état d'esprit?  Qui peut savoir?  Ce matin, j'en ai trouvé un indicateur inquiétant dans une interview au discours finalement assez banal et répendu.

Dans le journal Le Soir de ce jeudi 6 décembre 2007, un article traite des jeux vidéo et de leur influence plus ou moins négative.  On peut y lire en page 4 du supplément Métro :
     ... Ce dernier (le vice-président d'un géant du jeu vidéo sur console)  ne voit d'ailleurs pas de contradiction à multiplier les instruments de contrôle parental tout en développant des jeux de plus en plus immersifs - donc addictifs.  "Ce n'est pas à l'industrie de juger ce que vous faites.  Nous exerçons notre responsabilité en créant des outils.  Mais beaucoup de joueurs cherchent une immersion de plus en plus grande ; et notre objectif est une croissance maximale de l'industrie.

Que peut on rajouter à çà!?

Il me semble qu'une grande part de la logique industrielle se retrouve dans ce discours!  Je recopie les mots : "
notre objectif est une croissance maximale de l'industrie".  Ce discours, dès lors qu'on s'y tient, est incontournablement assorti d'un comportement de dealer d'envies.  "On" fourni sans réserve - ou si peu - ce que semble demander la société de consommation.  "On" est même prêt à devenir "responsable" si la responsabilité permettait de vendre plus. 
L'industrie doit donc nous vendre un maximum d'objets d'envies et les déguiser en "besoins".  "Besoins qui sont par ailleurs créés et entretenus à grand frais (on appelle çà le marketing) pour nous maintenir dans la dépendance.  Je pense aux 4000 substances plus ou moins directement addictives qui sont ajoutées au tabac - pour ne prendre que cet exemple sans ambiguïté.

Plus profondément, la logique industrielle n'a d'autre choix que de nous entretenir dans l'illusion que "le taux de croissance économique est lié au taux de bien-être de la population".

Est-ce que je me trompe? 

Le reste de l'équation me semble assez simple : si je peux produire une voiture qui consomme deux fois moins de carburant, je peux y apposer le label "voiture écologique" et en vendre trois fois plus... en toute tranquillité d'esprit!  
Cherchez l'erreur.  Et voyez le lien direct avec la dégradation de notre environnement.  Cet état d'esprit signe presque certainement notre arrêt de mort avec un compte à rebours à court terme* : si pour vous 75
ou 150 ans sur l'échelle de la vie sur Terre c'est trop loin alors, disons "à moyen terme". 

Partagez-vous cet état d'esprit?

La conclusion, je vous la laisse : elle appartient à chacun de nous, dès maintenant.  Personnellement, même si je ne représente qu'une miette infime de l'univers du vivant, je ne me sens plus capable de dire que "je n'y peux rien". 

* * *

*Concernant ce compte à rebours d'une situation climatique devenue irréversible, certains scientifiques respectés se demande sérieusement s'il n'a pas déjà commencé.





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