Si le vent soulève les sables
Est sur nos écrans belges depuis le 21 mars.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page officielle.

Synopsis (résumé issu de la page officielle) :
(Quelque part en afrique,) la saison sèche qui n’en finit plus, l’eau qui manque. (Et) la guerre qui menace.
Au village le puits est à sec. La majorité des habitants, se fiant à leur instinct, partent en direction du Sud. Rahne, seul lettré, décide de partir avec Mouna, sa femme et ses trois enfants vers l’Est. Leur seule richesse, quelques brebis, des chèvres et Chamelle, un dromadaire.
Histoire d’exode, de quête, d’espoir et de fatalité.
Rahne et les siens parcourent des contrées hostiles sous un soleil dévastateur, (...)
Mais Si le vent... est aussi une parabole sur la détermination et l’éternité qui nous entraîne sur les pas de Shasha, enfant nomade qui va conquérir l’amour de son père grâce à sa ténacité, sa force et joie de vivre.
* * *
Mon avis :
Ce film m'a semblé à la fois nécessaire, beau et incomplet.
Nécessaire car il faut encore rappeler les situations de détresse que vivent des millions de nos semblables de par le monde. La guerre de l'eau ne fait que commencer et ce sera toujours les plus démunis qui souffriront, seuls en première ligne. Mais hélàs, est-ce l'habileté à en parler qui y changera quoi que ce soit?
Beau d'abord par la photographie et la dignité des personnages. Beau encore par le regard poétique que pose Marion Hänsel au milieu de ce drame. Beau avant tout par la simplicité et la pureté qui s'en dégage. Des gens, fragiles parce que livré à eux-même, n'ont pas d'autre choix que de marcher à la (pour)suite de leur destin et seules les relations d'amour arrivent encore à traverser la plupart des déserts.
Mais...
Incomplet. Car on reste frustré à la fin de cette marche forcée, où les malheurs s'enchaînent et où l'on se sent incapable de trouver la moindre piste, planche de salut ou lueur d'espoir. Une bonne ou une mauvaise chose?
Voyons çà !
D'abord, on ne sait pas exactement d'où viennent ces personnes. Ai-je été distrait, moi qui connais très mal ce continent? On sait qu'on est quelque part en Afrique (sans doute) saharienne. Est-ce un gage d'universalité ou bien une généralisation cruelle de la "condition africaine"? Les victimes - si on voulait leur venir en aide - n'affichent pas leur identité ! (Il y a là un débat difficile à développer ici)
Ensuite, si j'étais réalisateur, si je parlais de misères, si je prenais cette responsabilité, je veillerais à laisser quelque chose de concret, comme une porte où le spectateur sensibilisé pourrait s'engouffrer. Pour pouvoir faire au moins un pas vers l'action, sinon la seule réflexion très générale.
Comment? En laissant par exemple une adresse, un lien vers quelqu'action que je pourrais soutenir. C'est maigre, c'est presque illusoire et on pourrait me repprocher de vouloir appaiser ma conscience pour quelques piécettes jettées aveuglément dans une caisse.
Par exemple, voici une action qui m'a semblée sensée et porteuse sous ce lien!
On pourrait arguer qu'un film ne doit pas tomber dans le panneau de la propagande et se doit de rester à sa place : une oeuvre d'art (ou de divertissement?).
Mais une oeuvre d'art doit-elle laisser en nous la place à ce grand vide? Vous, Marion, me montrez une situation intenable, le portrait d'une Afrique aux mains de para-militaires fou furieux, et vous m'abandonnez dans le désert. Ou plutôt dans un camp de réfugiers, seul salut des survivant! - comme s'il n'y avait que l'europe pour venir en aide à ces pauvres gens? Qu'en dirait un africain?
Sans doute êtes-vous cohérente dans votre message : "nous autres européen, abandonnons des pents entiers de l'Afrique, que nous survolons dans le confort de nos avions en ignorant tout de son existence".
Mais que me reste-t-il à faire, moi l'européen? "Prendre conscience"? Je prend conscience de tant de choses, société de l'information oblige! Mais je fini toujours par oublier ! Avouons le : la vaste majorité d'entre nous versera sa larme et passera son chemin. Combien s'engagent vraiment à faire évoluer les choses?
De plus en plus habitués aux actions rapides, impulsives qu'offrent Internet, si on ne peut y faire quelque chose tout de suite on ne fera rien du tout demain...
Je ne sais pas. Cette fatalité me dérange. Que reste-t-il si, à l'image des protagonistes de cette fable, nous n'avons pas le choix? N'y a t-il pas d'autres pistes à emprunter? Pistes de réflexion et d'action.
Allez voir par vous même...
Bon, vous m'excuserez, cette critique cinéma a tourné au débat sur un sujet très complexe : quelque chose comme la place que peut jouer le cinéma face au réel. Et je vous ai servi quelque chose qui n'est ni nécessaire, ni beau et certainement très incomplet!
C'est parce qu'on aime qu'on réagit. Marion, vous aurez au moins succité celà...
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